Je suis papa célibataire et je le vis bien !

Je suis papa célibataire et je le vis bien !

La « maman solo » est plus ou moins rentrée dans les mœurs depuis un certain temps. Patrice Huerre pédopsychiatre, rapporte sur le site notrefamille.com qu’aujourd’hui en France, 16 à 18% des droits de garde sont attribués au père. En Amérique du Nord, cette valeur s’élève à 30 %. Une tendance qui se confirme quand même : l’augmentation du droit de garde attribué au père. Soit parce que le père et la mère sont d’accord pour ça, soit parce que le père la réclame et l’obtient, soit parce que la mère n’en veut pas. Et ça, c’est l’élément nouveau. Les mères s’autorisent à dire : « Je ne souhaite pas forcément avoir la garde de mes enfants ». C’était inimaginable autrefois.
Le nouveau venu dans notre société et qui se fait peu à peu une place est le « papa solo ». Il intrigue, il interpelle, il attendrit, mais comment fait-il pour tout gérer ?
On est amoureux, on s’installe ensemble, on choisit une vie à deux, on fait un enfant, on a le modèle familial en tête, puis du jour au lendemain on se sépare et on doit revoir toute l’organisation de notre vie : vivre séparé mais avec un enfant en commun. Une séparation n’est jamais facile, il faut savoir rebondir et préserver l’enfant le plus possible, pour ne pas qu’il en pâtisse, qu’il garde ses repères et que tout le monde trouve un nouvel équilibre. Alors, peut-on vivre cette étape de façon sereine et positive ? La réponse est oui ! Une fois la rupture digérée et le mode de garde choisi, on peut enfin voir la vie autrement.

Rencontre avec Lionel, 37 ans, papa « solo » du petit Baptiste, 6 ans.

Lionel navigue entre son travail de kinésithérapeute, son fils Baptiste, sa famille, ses amis et ses loisirs. Bref une vie bien remplie !

Bivouvou : Ton rythme de vie suppose-t-il une adaptation réciproque entre Baptiste, sa mère et toi ?

Lionel : Baptiste s’est habitué à ce nouveau schéma de vie dès le départ, sans doute grâce à son jeune âge. Avec sa maman, nous nous sommes séparés quand il avait 3 ans et nous avons gardé une bonne entente et une relation intelligente. Il se sent donc bien, il voit son papa, sa maman et nous nous voyons même à trois pour certaines occasions.

Bivouvou : Que fais-tu quand tu es avec ton fils ?

Lionel : J’ai mon fils une semaine sur deux (du vendredi au vendredi) et la moitié des vacances. Dans cette organisation, j’ai trouvé un certain équilibre, je m’occupe et profite de mon fils à 100% pendant une semaine. J’ai organisé mon travail en conséquence pour finir plus tôt, je me couche plus tôt, c’est mon rythme « papa ». Les journées sont quand même très « speed » : je dépose Baptiste le matin à l’école, je pars travailler, je le cherche au périscolaire à 18h15, on rentre à la maison, je lui donne son bain, je prépare à manger, on mange et pour finir un peu de distraction, on joue aux Legos, puzzles, un peu de jeux vidéos mais avec modération ! Je le couche vers 20h-20h30.
Le vrai plaisir c’est quand je récupère Baptiste le vendredi soir, c’est le meilleur moment, parce qu’on a plus de temps pour nous, on n’a pas besoin de se coucher tôt. En hiver on se fait un plateau télé, on regarde un dessin animé, il me raconte sa semaine. On profite également du week-end pour faire un maximum de choses ludiques (skate, vélo, foot, promenade en ville). Une fois par mois, nous allons en Moselle pour profiter de toute la famille.

Bivouvou : Et quand tu n’es pas avec lui ?

Lionel : La semaine où je n’ai pas la garde de Baptiste, j’ai également organisé ma charge de travail, car je finis plus tard, vers 19h30/20h00. Je profite cette fois-ci pleinement de mes loisirs, je vois mes amis, je fais des apéros, je fais un peu la fête, je vais au resto, je fais aussi plus du sport, je vais à l’entrainement de foot, je joue en match le dimanche. Je me couche plus tard, c’est mon rythme « célib », Je prends du temps pour moi, j’apprécie également parfois d’être seul, et pas besoin de se soucier du réveil, je peux faire la grasse mat’ le week-end.

Bivouvou : Est-ce que tu penses que ton instinct paternel s’est plus développé en étant seul avec ton fils ? Le lien est-il plus fort selon toi ?

Lionel : Lorsque j’étais encore avec la maman de Baptiste, j’étais déjà très proche de lui, je me suis tout de suite occupé de beaucoup de choses, comme lui faire prendre le bain, lui donner à manger, lui raconter des histoires le soir, etc. Je dirai que c’est plutôt ma tendance à materner qui s’est développée. Je pense être un un papa câlin, je donne beaucoup d’affection à mon fils. Avant, le papa, c’était plus l’image de l’autorité, mais moi j’essaye de passer naturellement de l’autorité à l’affection, je tiens les deux rôles du mieux possible.

Bivouvou : Qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer en tant que papa célibataire ?

Lionel : Le plus difficile sans aucun doute est de ne pas avoir son enfant au quotidien, tous les jours, toute l’année. Après quand je l’ai, c’est surtout de ne pas perdre le rythme. Tu ne peux pas lâcher du leste les semaines où tu as ton gamin, car il y’a trop de choses à gérer. La vie est quand même plus simple quand on est à deux, on peut partager la gestion du quotidien et être moins dans le speed.

Bivouvou : T’a-t-on déjà posé des questions sur ce type de vie ? Ressens-tu un certain regard de la société ?

Lionel : Mes patients et mes amis me posent pas mal de questions, comment je fais pour gérer, comment je m’organise, est-ce que c’est difficile. Les gens sont en général assez surpris, car ce n’est pas encore très commun la garde alternée même si ça évolue dans le bon sens. À l’opposé, d’autres personnes trouvent cela tout à fait naturel.

Bivouvou : Et les femmes dans tout ça ? Est-ce que le papa célibataire attire vraiment les femmes ou est-ce un mythe ?

Lionel : Ahh, ça, il faudra leur demander Plus sérieusement, oui c’est sûr, ça attire le regard, la question est de savoir si le regard est porté sur un enfant attendrissant, sur moi, ou peut-être sur le tableau des « deux ensemble ». Quand je me balade en ville, quand je joue avec Baptiste, les gens sourient souvent. Quand je discute avec les femmes, elles sont assez épatées de voir tout ce que je peux gérer, elles trouvent cette situation adorable et sont attendries par le papa qui s’occupe de son gosse. Je pense que ça n’a jamais freiné une femme que j’ai un enfant, ça ne pose pas de problème. Par contre de mon côté, je ne sais pas si je réagirai de la même manière si je rencontrais une maman célibataire, je me pose souvent cette question, pourrais-je aimer son enfant autant que le mien, Je ne saurai vous répondre aujourd’hui.

Merci Lionel pour cet échange. Mesdemoiselles il est tout à vous ! Il vous suffit de deviner son numéro de téléphone 06 …

La team Bivouvou

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