Avoir des enfants ou pas : témoignage d’une trentenaire

Avoir des enfants ou pas : témoignage d’une trentenaire

Laurence est une jeune femme de 33 ans. Issue d’une formation universitaire élevée, elle occupe aujourd’hui un poste de cadre dans une grande ville du centre de la France. Son travail d’encadrement l’occupe à temps plein depuis plus de 10 ans. Chaque soir, elle enchaîne de multiples activités. Alors jusqu’à maintenant, la question d’une famille et d’un bébé l’a à peine effleurée.

De caractère indépendant, Laurence a organisé sa vie de façon à conserver une grande part d’autonomie tout en gardant constamment des liens étroits avec son entourage. Entre les cours de salsa et les soirées entre amis, elle n’a pas une minute à elle ! Une vraie vie de femme débordée !

C’est ainsi que, dès la fin de ses études et arrivant dans une région qui n’était pas la sienne, à 23 ans, son choix de vie s’est porté d’abord vers le foyer de jeunes travailleurs puis rapidement vers la colocation. Experte en la matière, elle s’apprête à déménager suite à la dissolution de sa colocation. Du coup, elle s’interroge sur son avenir. Nouvelle colocation ? Vie en solo ? …Et de fil en aiguille des questionnements sur sa vie, ses projets, ses amours et les enfants.

Entretien :

Bivouvou : Laurence, qu’est-ce qui t’a conduit à choisir durablement ce mode de vie en colocation ?

Laurence : Au début, j’ai débarqué dans ce foyer contrainte et forcée, mon déménagement devant être rapide pour mon travail. Je pensais même que ça ne durerait pas. J’avais beaucoup d’a priori sur la colocation. Et puis mon point de vue a changé. J’ai besoin que ça bouge autour de moi, de voir que les choses sont vivantes. La colocation m’a permis de rapidement m’intégrer dans une ville que je ne connaissais pas et même de créer des liens internationaux puisque deux de mes colocataires étaient étudiantes étrangères. Evidemment, la colocation c’est aussi des inconvénients, surtout pour les amours. Mais finalement j’ai toujours trouvé des solutions. J’ai même vécu une longue histoire avec un de mes colocataires ! C’était plus simple comme ça !

Bivouvou : Quelle idée te faisais-tu du modèle familial et des enfants ?

Laurence : Même si j’ai vécu de belles histoires, je me suis toujours considérée plus ou moins comme étant célibataire. La vie pépère tranquille à deux, c’est un concept auquel j’ai du mal à adhérer. Et puis comme le prince charmant ne s’est pas présenté, j’ai donc préféré l’émulation de la colocation plutôt que de vivre seule. J’ai découvert aussi qu’on peut à la fois être en colocation et en couple, même si cette situation ne peut pas être éternelle. Je pense que l’homme de ma vie déclenchera des envies différentes en moi. Au fond, je pense avoir envie d’enfants, mais je crois que j’avais besoin de faire des choses seule avant, pour ne pas avoir de regrets. Mon mode de vie aujourd’hui, c’est la liberté. Je vais à mes cours de danse sans contrainte, je sors en semaine et le week-end sans impératifs, je peux faire ma valise pour partir en voyage au pied levé, etc… Les choses sérieuses viendront bien un jour.

Bivouvou : Comment ont évolué tes rapports avec ton entourage, ta famille, tes amis au fil du temps ?

Laurence : Quand on est jeune, ce mode de vie ne pose aucun problème. C’est surtout quand la trentaine a pointé le bout de son nez que les choses ont évolué. Je ressens souvent la pression sociale, sans pour autant que les gens soient directs. Certaines allusions provenant d’amis qui ont commencé à construire leur cercle familial peuvent être pénibles. Je ne vais pas jusqu’à défendre mon point de vue, mais j’ai toujours su passer au-dessus de l’avis des autres. Du côté de ma famille, c’est encore différent. Mon mode de vie, différent du leur, leur paraît bizarre.

Bivouvou : Quels ont été les éléments déclencheurs de cette nouvelle façon de concevoir ta vie ? Comment ta vision des choses a-t-elle évolué avec le temps ?

Laurence : Voir les autres construire leur vie, s’installer, avoir des enfants, ça fait réfléchir. Maintenant, je me pose sérieusement la question. Ai-je envie de ça moi aussi ? Est-ce que je passe à côté de quelque chose ? C’est vrai que j’ai de plus en plus envie d’évoluer. Mais partir seule sur un logement ne veut pas dire changer mon mode de vie. Je n’ai pas encore réalisé mes projets, ceux que j’ai envie de faire seule. Aujourd’hui je veux avoir le courage de me lancer. Je suis déjà partie à Cuba pour un voyage qui associait cours de danse et découverte de la culture locale. J’ai aussi participé à un chantier de restauration d’un monument qui m’a permis de rencontrer des gens formidables de tous horizons. Mon road trip australien et dernièrement mon séjour linguistique en Irlande ont été les premières étapes vers ce nouveau projet de long voyage : une année pour casser la routine, s’ouvrir l’esprit à d’autres cultures, échanger avec d’autres. Les relations humaines sont très importantes pour moi. Elles ouvrent l’esprit.

Bivouvou : Aujourd’hui, comment envisages-tu ton avenir proche et à plus long terme ?

Laurence : Je me sens bien avec cette liberté, j’aime ce sentiment. Aujourd’hui, je ne me sens pas prête à la perdre et à perdre mes occupations. Je suis tout le temps occupée, peut être pour ne pas penser a d’autres choses… Je pense aussi que plus le temps passe plus c’est dur de s’en défaire. A court terme, j’ai encore besoin de réaliser ces projets seule, sinon je sais que je vais le regretter. Et peut être que je découvrirai à ces occasions un mode de vie qui me conviendra à long terme. Pour autant, je n’exclus vraiment pas d’habiter avec un homme et d’avoir des enfants. Il faut juste que je rencontre quelqu’un avec qui je me projette. Je m’imagine vraiment avec des enfants. Mon problème maintenant, c’est mon âge. Je suis obligée d’y penser ; j’ai peur de regretter de ne pas en avoir. J’espère que si j’en ai un jour, je n’aurai pas le même comportement que beaucoup de parents, comme ceux que je peux voir autour de moi, en devenir gaga au point de m’isoler. Mon désir serait d’avoir des enfants et de ne pas me renfermer sur moi même.

Nous remercions chaleureusement Laurence de nous avoir livré ses petits morceaux de vie. Nous lui souhaitons bonne route !

La team Bivouvou

Next Post:
Previous Post:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *